20/04/2011
au tienne de Boussu : les seigneurs du galop

Festons de verdure
Seigneurs du galop
Quiétude dans le pré

sur le tienne de Boussu ... entre Dailly et Couvin : en belle Calestienne
Lucullus
13:29 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
14/04/2011
un peu d'humour ... "voeu pieu de Mouammar Kadhafi" ...
"O Temps ... suspends tes vols ...
Et de l'Occident, épargne-moi les dols"
Prière adressée par Mouammar Kadhafi à l'OTAN et à l'Europe. Comme quoi, même les Classiques peuvent servir !
Lucullus dixit ...
09:06 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13/04/2011
Chose promise : initiation à l'oeuvre poétique de FRANCIS PONGE : proêmes pour objeux ...
J’ai découvert Francis PONGE, ses écrits et donc son « projet poétique » - dans le sens où l’entendrait un Jean Cocteau , voir note précédente … - lors de mes études de romaniste , en Licences , à l’Université de Liège, entre 1976 et 1978. Le cours était donné par Jacques DUBOIS, co-membre du Groupe « MU », avec notamment Jean-Marie Klinkenberg, plus spécialisé lui en littérature belge.
Ce fut pour moi l’un de cours les plus dynamiques de mes Licences à Liège …
Qui est Francis Ponge ?
C’est un poète français, né à Montpellier le 27 mars 1899 et décédé au Bar-sur-Loup, Alpes-Maritimes, le 6 août 1988.
De nombreux sites lui sont consacrés sur le Web : allez-y voir …
Ce que je retiens de mes études puis de mes propres lectures de Francis Ponge et/ou sur Francis Ponge ?
Selon d’aucuns, Ponge fait sienne la conception du poète selon Lautréamont : le poète doit être « plus utile qu'aucun citoyen de sa tribu[» parce qu'il invente le langage qu'emploieront ensuite les journalistes, les juristes, les négociants, les diplomates, les savants. S'il appartient « au poète » de modifier le langage, alors il lui faut d'une part maîtriser en profondeur ce langage et d'autre part voir ce que ce langage peut dire des choses les plus simples.
Personnellement, j’ajouterai que Ponge est dans la droite ligne de Cocteau, et des Surréalistes en général.
Loin de tout sentimentalisme romantique, Ponge choisit de construire des "définitions-descriptions" des objets qui lui sont chers et/ou qui retiennent son attention … et il consacre son écriture aux choses familières qui nous entourent : notamment : « le cageot, la cigarette, la bougie, l'orange, le galet, l’olive, l’huître … ».
Son ouvrage-clé reste sans aucun doute Le Parti pris des choses , dans lequel il tente de rendre compte des objets de la manière la plus précise et la plus rigoureuse possible, cherchant en particulier à exprimer leurs qualités caractéristiques. Ce compte-rendu porte sur les qualités physiques de l'objet (Ponge recourt volontiers au vocabulaire technique des sciences expérimentales, car il insiste sur la parenté entre son travail et la recherche scientifique, mais aussi sur les qualités linguistiques du mot désignant l'objet, en particulier l'étymologie, mais aussi le choix et l'ordre des lettres qui composent le mot.
Ainsi Ponge écrit-il en ouverture du Cageot : « À mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot ». L'ambition du poème consiste alors à établir des liens justifiant le rapprochement entre l'objet d'un côté et le mot de l'autre - ce que Ponge appelle « fonder (le mot) en réalité » : on a pu ainsi qualifier son travail de cratylisme, par référence au Cratyle de Platon où Socrate tente d'établir des étymologies ainsi « fondées en réalité ».
Pour Francis Ponge , l’outil indispensable pour son écriture est et reste LE DICTIONNAIRE, et même les dictionnaires : cet outil de référence lui sert à la fois de base scientifique et linguistique, mais aussi comme « ouvroir » à des séquences d’images, d’&associations d’idées, d’éclatement de sa vision des objets approchés. Cela donne naissance à ce qu’il appelle lui-même « L’OBJEU » : le jeu – les jeux - sur, avec les objets …
Plus généralement dans des textes en prose , qu’il appelle alors des « PROÊMES » …
Il en découle que chaque objet commande sa propre rhétorique, et jusqu'à la forme même du "poème" destiné à rendre compte de ses qualités.
Ponge résume cette recherche par une équation frappante :
« En somme voici le point important : PARTI PRIS DES CHOSES égale COMPTE TENU DES MOTS. » (Méthodes, "My Creative Method", daté "Sidi-Madani, lundi 29 décembre 1947"). Le signifiant est alors exploité tant phoniquement que graphiquement : Ponge fréquente assidûment les peintres, notamment Braque, Picasso auxquels il consacre des essais. Ainsi le mot s'emploie-t-il comme matériau du texte :Ponge s'inscrit dans la lignée poétique de Rimbaud, Lautréamont, Mallarmé et Roland Barthes.
Cependant, les jeux de lettres relèvent de l'arbitraire de la langue et de l'irrationnel (le rapprochement entre "cage", "cageot" et "cachot" peut encore se justifier, mais entre "savon" et "savoir", par exemple, l'analogie semble bien plus discutable). Ponge s'évertue, dans Le Parti pris des choses, à accroître cette part irrationnelle au moyen de calembours, d'allitérations, de permutations de lettres, d'analogies gratuites, d'associations d'idées audacieuses (à propos de l'orange, il évoque la « lanterne vénitienne des saveurs »), tout en restant, en apparence, sur une description "à froid" : cette tension extrême des textes diffuse un humour très subtil.
Ce faisant, Ponge entend faire parler les choses : « le monde muet est notre seule patrie » déclare-il. Il choisit délibérément des objets finis, modestes, circonscrits. En 1954, dans Pratique d’écriture ou l’inachèvement perpétuel, publié en 1984 dans la collection l’esprit et la main, il déclare :
« A partir du moment où l’on considère les mots comme une matière, il est très agréable de s’en occuper. Tout autant que peut l’être pour un peintre de s’occuper des couleurs et des formes. Très plaisant d’en jouer. (…) Par ailleurs, c’est seulement à partir des propriétés particulières de la matière verbale que peuvent être exprimées certaines choses - ou plutôt les choses. (…) S’agissant de rendre le rapport de l’homme au monde, c’est seulement de cette façon qu’on peut espérer réussir à sortir du manège ennuyeux des sentiments, des idées, des théories, etc. »
Le matériau poétique apparaît donc comme objet de jouissance pour le poète lui-même en train d'écrire. Voici, entre autres, 4 courts textes qui révèlent bien la méthode et la poétique de Francis Ponge :
Le cageot
A mi-chemin de la cage au cachot la langue française a cageot, simple caissette à claire-voie vouée au transport de ces fruits qui de la moindre suffocation font à coup sûr une maladie.
Agencé de façon qu'au terme de son usage il puisse être brisé sans effort, il ne sert pas deux fois. Ainsi dure-t-il moins encore que les denrées fondantes ou nuageuses qu'il enferme.
A tous les coins de rues qui aboutissent aux halles, il luit alors de l'éclat sans vanité du bois blanc. Tout neuf encore, et légèrement ahuri d'être dans une pose maladroite à la voirie jeté sans retour, cet objet est en somme des plus sympathiques - sur le sort duquel il convient toutefois de ne s'appesantir longuement.
(F. Ponge, Le Parti pris des choses, 1942)
L'huître
L'huître, de la grosseur d'un galet moyen, est d'une apparence plus rugueuse, d'une couleur moins unie, brillamment blanchâtre. C'est un monde opiniâtrement clos. Pourtant on peut l'ouvrir : il faut alors la tenir au creux d'un torchon, se servir d'un couteau ébréché et peu franc, s'y reprendre à plusieurs fois. Les doigts curieux s'y coupent, s'y cassent les ongles : c'est un travail grossier. Les coups qu'on lui porte marquent son enveloppe de ronds blancs, d'une sorte de halos.
A l'intérieur l'on trouve tout un monde, à boire et à manger : sous un firmament (à proprement parler) de nacre, les cieux d'en dessus s'affaissent sur les cieux d'en dessous, pour ne plus former qu'une mare, un sachet visqueux et verdâtre, qui flue et reflue à l'odeur et à la vue, frangé d'une dentelle noirâtre sur les bords.
Parfois très rare une formule perle à leur gosier de nacre, d'où l'on trouve aussitôt à s'orner.
F. Ponge, Le Parti pris des choses, 1942
La bougie
La nuit parfois ravive une plante singulière dont la lueur décompose les chambres meublées en massifs d’ombre.
Sa feuille d’or tient impassible au creux d’une colonnette d’albâtre par un pédoncule très noir.
Les papillons miteux l’assaillent de préférences à la lune trop haute, qui vaporise les bois. Mais brûlés aussitôt ou vannés dans la bagarre, tous frémissent aux bords d’une frénésie voisine de la stupeur.
Cependant la bougie, par le vacillement des clartés sur le livre au brusque dégagement des fumées originales encourage le lecteur, - puis s’incline sur son assiette et se noie dans son aliment.
Francis Ponge, Le Parti-pris des choses, 1942
Le pain
" La surface du pain est merveilleuse d'abord à cause de cette impression quasi panoramique qu'elle donne : comme si l'on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes. Ainsi donc une masse amorphe en train d'éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s'est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, - sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente. Ce lâche et froid sous-sol que l'on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable… Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation. "
Francis Ponge, Le Parti-pris des choses, 1942, Gallimard p 39.
Je vous souhaite une bonne découverte de Fancis Ponge ...
Lucullus
09:41 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12/04/2011
"Entre Ciel et Terre" ... pastiche rimbaldien en écoutant le Vent ...
Chers aminternautes ,
Probables amateurs ou fanatiques de Rimbaud ...
Voici un petit exercice d'écriture pastichante que je me suis offert au terme d'une maginifique promenade entre Mariembourg et Fagnolle, en bordure de Fagne, sur le versant de la Calestienne que parcourt "la montagne aux buis".
Je me suis rapellé ces textes d'Arthur Rimbaud, que j'ai toujours affectionné(s), et... pour mon plaisir ... je l'ai suivi dans ses oeuvres ! Je me suis inspiré soit de poèmes versifiés, soit de textes en prose ... 6 sources ont abreuvé ma plume ... A vous de les retouver dans l'intégrale rimbaldienne ...
*******
Entre Ciel et Terre

Comme dans un très lent rêve éveillé, j'ai flâné dans les traces de l'Homme aux Semelles de Vent. Petit Poucet curieux, j'ai suivi les secrets cailloux qu'il m'avait égrenés dans sa course aux images. Pas de paroles, mais des pensées. Seules, des sensations où pleut la lumière, dans une Nature qui me berçait.
Que de trous de verdures, où j'ai vu miroiter, entre Ciel et Terre, des instants d'Eternité, lachant les amarres vers l'Immensité, parmi les feuilles qui s'éveillent et à l'ombre des timides violettes.
Défilé de fééries ! Loin des villes, Carnaval de fleurs et de bourgeons. Pour sûr ! En haut du chemin, près d'un bois de buis, j'ai entouré de mes regards cette symphonie et j'ai embrassé un printemps naissant.

Lucullus scripsit ...
09:32 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
2 aïkus avec photos pour s'imprégner du printemps 2011

Confettis jaunes, confettis blancs
Plumetis soyeux des têtes couronnées
Le bosquet fait son Carnaval
*****
Boules parfumées et colorées
Cornets craquants de verdures
Un frais glacier nous attend à l'orée

Lucullus dixit ...
09:04 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
11/04/2011
Senryu de l'épi mosan ...
Epi mosan en perdition
Improbable flottaison
Andenne à l'horizon


11:14 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
senryu du "crâne terrestre"
La Terre nourrit l'Homme
L'Homme appartient à la Terre
Rien ne sert de crâner !

11:08 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
06/04/2011
Haïku du clocher parfumé
Le coq au clocher
La fleur au cerisier
Le chant parfumé du divin repos
Lucullus
13:37 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Lire la Vie, vivre la Vie … Ecrire « sa » vie comme une oeuvre poétique ? Hommage à Jean COCTEAU
Lire la Vie, vivre la Vie … Ecrire « sa » vie comme une oeuvre poétique ?
Hommage à Jean COCTEAU
Comme « romaniste » , je garde au plus profond de moi certaines « références », certains « guides » … découverts dans mes études ou dans ma profession d’enseignant … mais que depuis quelques années je conserve et j’entretiens comme « tuteurs de vie ».
Aujourd’hui, je vous parlerai de Jean COCTEAU, et un autre jour ,d’un autre grand poète français du XXième : Francis PONGE …
De Jean Cocteau, je ne retiendrai pas son homosexualité combattante à un moment où celle-ci était encore « mal vue et mal jugée » …, mais je retiendrai plutôt le créateur de L'Aigle à deux têtes, de La Belle et la Bête, des Enfants terribles, des Parents terribles, etc, etc. Pour en découvrir plus, allez visiter le site officiel et le site Wikipédia …
Comme « modus vivendi », pour faire de ma vie ce que d’aucuns ,voici quelques temps ,proposaient de faire , à savoir faire de sa vie une oeuvre d’art … , je retiendrai avant tout cette conception de la poésie qu’avait Jean Cocteau !
C’est de considérer la Vie comme Poésie, et de considérer la poésie comme une femme voilée ... qu’il nous faut découvrir en la dévoilant , voile par voile …
Voici la vision de Jean Cocteau :
« On a coutume de représenter la poésie comme une dame voilée, langoureuse, étendue sur un nuage. Cette dame a une voix musicale et ne dit que des mensonges.
Maintenant, connaissez-vous la surprise qui consiste à se trouver soudain en face de son propre nom comme s'il appartenait à un autre, à voir, pour ainsi dire, sa forme et à entendre le bruit de ses syllabes sans l'habitude aveugle et sourde que donne une longue intimité ? Le sentiment qu'un fournisseur, par exemple, ne connaît pas un mot qui nous paraît si connu, nous ouvre les yeux, nous débouche les oreilles.
Un coup de baguette fait revivre le lieu commun.
Il arrive que le même phénomène se produise pour un objet, un animal. L'espace d'un éclair, nous voyons un chien, un fiacre, une maison pour la première fois. Tout ce qu'ils présentent de spécial, de fou, de ridicule, de beau nous accable. Immédiatement après, l'habitude frotte cette image puissante avec sa gomme.
Nous caressons le chien, nous arrêtons le fiacre, nous habitons la maison. Nous ne les voyons plus.
Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement.
Inutile de chercher au loin des objets et des sentiments bizarres pour surprendre le dormeur éveillé. C'est là le système du mauvais poète et ce qui nous vaut l'exotisme.
Il s'agit de lui montrer ce sur quoi son cœur, son œil glissent chaque jour sous un angle et avec une vitesse tels qu'il lui paraît le voir et s'en émouvoir pour la première fois.
Voici bien la seule création permise à la créature.
Car, s'il est vrai que la multitude des regards patine les statues, les lieux communs, chefs-d'œuvre éternels, sont recouverts d'une épaisse patine qui les rend invisibles et cache leur beauté.
Mettez un lieu commun en place, nettoyez-le, frottez-le, éclairez-le de telle sorte qu'il frappe avec sa jeunesse et avec la même fraîcheur, le même jet qu'il avait à sa source, vous ferez œuvre de poète.
Tout le reste est littérature. »
Agè de bientôt 55 ans , croyez-moi bien , je décide chaque jour de dévoiler cette femme voilée qu’est MA VIE ! Et de faire la chasse aux lieux communs, et de faire réelle oeuvre de vrai poète !
Dans quelques temps, je vous proposerai la vision parallèle et complémentaire d'un Francis PONGE ... La fête sera alors totale !
Bien à vous , chers aminternautes. Lucullus
09:28 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05/04/2011
Un peu d'humour ... : "Senryu" des volatiles

Le chef-coq en cuisine
Le canard casqué au combat
Une hirondelle pour le printemps ?

08:58 Écrit par Lucullus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


